• MES RÉVOLTES

  • un texte à la recherche d'une musique

    J’AI VU « NUIT ET BROUILLARD »

    Je n’avais que onze ans
    J’ai vu « Nuit et Brouillard »
    Sur ce putain d’écran
    Ça m’a fait bien trop mal

    J’ai noyé mon enfance
    Pendant ce triste soir
    Dans le train en partance
    Pour la mort infernale

    C’était pas du ciné
    Sur mes rêves de gosse
    Et ces vies calcinées
    Craquelaient mon écorce

    Je ne connaissais pas
    Le grand Robert Desnos
    Qui a sur un grabat
    Perdu toutes ses forces

    J’étais encor trop pur
    Pour comprendre la peur
    Pour détester la guerre
    Et cracher mes frayeurs

    J’attendais le futur
    Sans passion ni remords
    Au milieu des prières
    Et de mon transistor

    J’ai noyé mon enfance
    Pendant ce triste soir
    Dans le train en partance
    Pour la mort infernale

    Je n’avais que onze ans
    J’ai vu « Nuit et Brouillard »
    Sur ce putain d’écran
    Ça m’a fait bien trop mal

    Mon nounours en peluche
    Me privait de Noël
    Je tombais sur une bûche
    Qui manquait d’étincelles

    Je n’avais que onze ans
    J’ai vu « Nuit et Brouillard »
    Sur ce putain d’écran
    Ça m’a fait bien trop mal

    J’ai noyé mon enfance
    Pendant ce triste soir
    Dans le train en partance
    Pour la mort infernale

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • EN ATTENDANT LA RENAISSANCE

    " ... La terre perd la boule
    Et fait sauter ses foules
    Voici finalement
    Le grand le grand
    Voici finalement
    Le grand chambardement ... "
    Guy BÉART

    DÉCONNEXIONS

    Au centre de nulle part

    Près de l’usine, une carcasse rouillée et des poubelles. Quelques zombies au regard cloué se frôlent sur l’herbe jaunie. Les traces le long de leurs bras ne cicatrisent plus. La tête sous une cloche, ils portablent leur désespoir dans le maelström de leurs pensées dérisoires. Il est bien fini le temps où ils jouaient du rock déjanté sous un nom de groupe approprié : Les « Samouraïs de l’Apocalypse. »
    Pas loin de là, des maisons sans vie suintent la peur en cascades de ces derniers habitants partis pour conquérir des rêves éparpillés sur la terre irradiée.
    Un quai de gare désaffectée, un vieux bistrot comme seul radeau vers le futur en rade. Ils crachent leur peur dans l’ultime décor englué sous un soleil ressemblant à la mort. À côté, les murmures d’un terrain vague s’échappent en fines complaintes et se déposent sur un mur couvert de tags.
    Et sur ces tags…

    Changement de décor

    Il ajuste sa cravate, prend sa mallette, dépose une bise sans grande conviction sur le front de Marianne, l’épouse blasée et soumise. Il ouvre la porte de l’entrée d’un geste machinal, polycopié à l’infini depuis tant d’années. Il fait trois pas et se retourne pour lui lancer un sourire figé, dernière offrande, dernier témoignage d’un semblant de tendresse vers son cœur laissé en jachère depuis bien longtemps.
    Avec son permis et toutes ses cartes bancaires, il a posé une lettre sur la table de nuit.
    Juste quelques mots : « je vous aime tous les trois mais je n’en peux plus, je change de monde »
    Il a tout laissé, ils ne manqueront de rien. Chloé termine ses études l’année prochaine, elle pourra s’occuper de la société avec Marianne, la maman trop douce. Et Gaëtan est un artiste qui commence à se faire un répertoire d’enfer…
    Il vient de tourner le coin de la rue, il enlève sa cravate, jette sa mallette et récupère dans un buisson le grand sac où il a fourré un peu de linge, quelques toiles vierges et son matériel de peinture…
    … De survie.
    Il longe une palissade revêtue de tags.
    Et sur ces tags…

    Tout près, dans un ailleurs

    Elle garde toujours ce sourire pur et cette grâce féline qui fait se retourner les hommes sur elle.
    Elle, elle est vibrante, elle est magique, elle est soyeuse. Mais elle s’évapore en jouant la diva et se tisse un habit de couleurs ; elle se construit un bonheur factice en rêvant dans les étoiles. Elle sent qu’elle s’étiole, qu’elle se rétrécit. Elle sait que ce n’est pas le paradis autour d’elle, alors parfois elle s’enfuit en restant là. Son cœur carambole, elle veut partir d’ici pour suivre ses désirs fous mais le courage lui fait faux bond.
    Elle aimerait que quelqu’un lui pimente la vie. Elle se trouve délavée par des amours sans conséquence, des amours sans importance.
    Elle se terre en mélancolie en restant indifférente au monde qui l’entoure et ne pose plus son regard sur le gris de l’Histoire mais dans sa glace qui lui permet de croire à ses illusions faciles, fragiles.
    Elle se cache derrière son fard pour oublier ses manques… Elle n’a pas de marmaille à déposer sur son ventre, pas de petit à suspendre sur sa peau…
    Son corps ne portera pas la vie.
    Dans son impasse, elle devine les panneaux d’affichage ornés de tags.
    Et sur ces tags…

    Dans une ville pareille aux autres

    Un robhomme dans la mitraille d’un boulevard se précipite vers son building où il va retrouver sa bulle. Le parking climatisé le happe avant que des errants s’accrochent à lui pour implorer, quémander et lui prélever quelques menues monnaies.
    L’ascenseur le propulse au septième étage. Il passe le diffuseur de désinfectant antivirus et s’installe devant son clavier. Puis il tire machinalement des plans sur des plannings en sifflotant des airs anciens.
    Pas loin de là, dans les gravats du centre ville, des rescapés vocifèrent sous un crachin de météores. Des bandes désorganisées se livrent à des pillages ; ils n’ont plus rien à gagner, ils n’ont donc plus rien à perdre.
    Des milices d’agitateurs professionnels commanditées par le Pouvoir en place sévissent pour permettre des représailles ciblées.
    Lui, il n’entend rien dans son cocon, il repense à ces panneaux d’affichage des dernières élections qu’il a aperçus avant de rentrer. Ils étaient tous affublés de tags.
    Et sur ces tags…

    « …et sur ces tags,
    un bout de soleil aux mille couleurs
    pour des enfants qui veulent vivre
    le vrai bonheur… »

    ***********

    ALLONGÉ À L’OMBRE D'UN TILLEUL

    « …et sur ces tags,
    un bout de soleil aux mille couleurs
    pour des enfants qui veulent vivre
    le vrai bonheur… »

    Allongé à l’ombre d’un tilleul, il fredonne sa chanson, accompagné du tendre bruissement des feuilles. Il dépose sur un petit carnet ses pensées, ses rêves familiers qui s’enchevêtrent. Son monde est au bout de sa plume. Une éclaboussure d’utopie, un jardin suspendu au-dessus d’une poussière d’illusion, une oasis de tendresse et de partages.
    Il connaît la souffrance des autres, il connaît leur silence. Leurs blessures, leurs cassures, leurs déchirures. Il sait que tout est à reconstruire, tout est à redécouvrir. Mais où se trouve le chemin de la renaissance ? Lui-même est en recherche. Il est resté bien longtemps au bord du gouffre.
    Il commence à comprendre… Il ira jusqu’au bout.

    ***********

    RECONNEXIONS

    Les « Samouraïs de l’Apocalypse »

    Les voici qui se soulèvent, les traits résignés. Ils ont les yeux vides, leurs visages au teint blafard portent les stigmates des nuits de veille. Leurs galas et leurs galères, les nuits sans fin, les fins de nuit à vouloir refaire le monde avant que leur monde ne disparaisse. Ils ont perdu le sens de la réalité après les illusions, après les désillusions, après la déconnexion…
    Depuis que le soleil a disparu, laissant la place à d’étranges lueurs halogènes, programmées, élaborées dans les laboratoires expérimentaux de l’Empire Terrien, ils survivent sans grande conviction.
    Mais aujourd’hui, ils ont reçu un appel. « Le soleil est en vous, si vous voulez revenir au monde, si vous voulez reconstruire un monde, faites briller votre soleil intérieur. »

    Le fugitif

    Le voici libre, libre de choisir la liberté. Il a quitté son petit monde étriqué, les habitudes lyophilisées, confites dans la fadeur du quotidien.
    Maintenant, il RESPIRE, mais où va-t-il aller ?
    Pendant plusieurs semaines, il a consulté de nombreuses revues de tourisme, à la recherche d’un endroit tranquille où se poser, mais rien ne lui plaisait en feuilletant les pages aux photos « tape à l’œil ». Il préfère partir sans but précis. Il marche sans réfléchir. Une pluie fine et tenace tombe depuis au moins une heure. Un Abribus le protège quelques instants quand un autocar s’arrête ; il monte et prend un ticket pour le terminus sans chercher à savoir la direction et le lieu d’arrivée.
    Après quelques instants ou quelques heures d’assoupissement, il n’a plus la notion du temps… Voici que le véhicule s’immobilise devant une gare qui semble désaffectée. Il descend, le cœur léger et se dirige vers la construction à l’abandon. Il aperçoit une lueur à travers une porte-fenêtre ternie au milieu de la façade du bâtiment principal. Il pousse le battant et pénètre dans un hall. Le silence encombre le lieu. Il s’approche d’une boule translucide d’où s’échappent des éclats de lumière. Pris par un étrange pressentiment, il sort de son sac une toile, la boite contenant son matériel de peinture. Il déplie son chevalet.
    Avec fébrilité, il dépose sur la surface blanche l’esquisse d’un soleil. Concentré sur sa tâche, il n’entend pas ceux qui s’approchent de lui.

    L’indifférente

    Elle se prépare à partir. Sa décision est prise, elle a besoin d’espace, elle veut rejoindre d’autres rivages. Changer de vie, de parcours et rompre avec ses profondes attaches. Pour elle, le temps est comme le saut à l’élastique, il peut être dangereux. Trop étiré, il risque de se rompre. Ce n’est pas la fuite qu’elle souhaite mais la découverte d’un ailleurs où elle pourra se régénérer.
    Depuis trop longtemps, elle a vécu dans une indifférence au monde qui l’entoure. Mais le masque craque, les habitudes se fissurent. Elle se démaquille le cœur depuis sa rencontre avec celui qui va la sauver. Elle doit le retrouver avant ce voyage vers ces terres lointaines, ces hommes purs qu’elle veut conquérir sans conquête, qu’elle veut essayer de préserver.
    La voici qui descend l’escalier de son immeuble, ferme la porte et regarde une dernière fois la grisaille de sa rue. L’esprit en partance, elle n’entend pas celui qui s’approche d’elle.

    Le robhomme

    Le collier qu’il porte le désigne comme un robhomme, il a acquis un certain savoir pour se pencher sur des dossiers et faire des graphiques. Il est sociologue et urbaniste. Sa prochaine mission est de repenser la ville pour le bien-être de ses habitants. Mais sa mission lui semble de plus en plus utopique, les décideurs se leurrent. L’heure n’est plus à la rentabilité mais à la guérison de ces pays en charpie où la réussite est étroitement associée à la rentabilité.
    Sur son écran, il aligne des signes et se met à dessiner un soleil. Le bug inévitable efface les données. Pour la première fois depuis bien longtemps, un sourire vient éclairer son visage. Il n’a plus peur de la surveillance constante.
    Depuis la rencontre, il a décidé d’être LIBRE.

    Rencontres

    Derrière elle, il attend, muni de son carnet. Elle laisse échapper un léger rire en se retournant. Il est arrivé à la convaincre, il ne lui manque que ses petits messages griffonnés sur le quadrillage désuet du papier.
    Il a pu contacter plusieurs personnes. Il sait bien qu’elles ne sont que quelques gouttes d’eau face à l’océan de la déchéance terrestre. Sa seule arme est la poésie. Ses petits mots semblent bien dérisoires, mais il a su convaincre.
    D’abord, ce groupe de jeunes à la dérive rencontrés par hasard. Il a su les apprivoiser en leur tendant la main. Avec eux, il a découvert dans ce bâtiment lugubre un homme criblé de lassitude.
    De confidence en confidence, de réflexion en réflexion, celui-ci s’est acheminé vers la décision. Il range son chevalet et repart vers sa famille, avec dans la tête une nouvelle vision, celle de la tolérance, de l’écoute.
    Pour la rencontre avec le robhomme au bord de la dépression, il ne sait pas si les échanges porteront leurs fruits.
    Il espère…
    Maintenant, c’est au tour de la belle indifférente sur laquelle il avait planté son regard. Un dernier échange. Une dernière bise. Il la regarde s’éloigner le cœur un peu lourd.
    Il reste les autres…
    Mais ceci est une autre histoire.

    *********************  

    WATORIKI. ÉTAT D’AMARONAS. BRÉSIL

    Elle est là. Le chaman yanomami, après la cérémonie funéraire pose sa main dans la sienne. L’effet hallucinogène de la poudre yakoana commence à s’estomper. Les esprits des ancêtres se sont éloignés emportant l’âme du défunt dont les traces terrestres ont été effacées. Le soleil a déployé sa clarté sur le sol déchiqueté au beau milieu de cette parcelle de forêt amazonienne éventrée.
    Elle, elle se sent revivre dans cette communauté, elle a découvert leurs lois, leurs coutumes, leurs croyances. Elle sait qu’elle peut les aider, sans chercher à leur imposer sa vision, ses idées. Non… Juste un soutien moral. Pour le reste, ils ont le savoir, cela suffit.

    Un bébé vient de venir au monde à reconstruire. Elle va s’en occuper pendant quelques heures ou quelques jours, le temps que la maman se remette.
    D’autres passeront entre ses mains.
    L’avenir est là…
    Pour eux.

    Bernard Pichardie
    Marseille 2004

    texte déposé


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  • une chanson à la recherche d'interprètes

    NOIR ET BLANC

    Un enfant trop pâle
    Qu’il en est solitaire
    Un enfant qui râle
    Depuis qu’il doit se taire

    Sa couleur de peau
    Ce n’est pas important
    Sur cette photo
    Ce n’est que noir et blanc

    La mort se devine
    Sur son corps en détresse
    La mort s’achemine
    Quand l’objectif se dresse

    Le soleil si bas
    Qu’il en est ébloui
    Pose des éclats
    Sur les bleus de sa vie

    Sa couleur de peau
    Ce n’est pas important
    Sur cette photo
    Ce n’est que noir et blanc

    Un homme s’approche
    Et lui tend une assiette
    Mais il s’effiloche
    Laisse tomber sa tête

    Son sang a coulé
    Aux portes de l’enfer
    Balafrant d’un trait
    Le sable du désert

    Sa couleur de peau
    Ce n’est pas important
    Sur cette photo
    Ce n’est que noir et blanc

    Un enfant se voile
    Au milieu du carnage
    Il a son étoile
    Qui est prise en otage

    Sa couleur de peau
    Ce n’est pas important
    Sur cette photo
    Ce n’est que noir et blanc

    Sa couleur de peau
    Ce n’est pas important
    Sur cette photo
    Ce n’est que noir et blanc

    musique Sylvestre PARIS alias CONTUSION
    paroles Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déposée à la SACEM


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  • MIROIRS 

    DU SANG SUR LES MAINS 

    Une fois de plus, Quentin a du sang sur les mains.

    Une fois de plus, il se précipite pour les savonner, les rincer et les panser.

    Le sparadrap tient comme il peut !

    Il ne veut surtout pas demander de l’aide.

    Ensuite, la phase du nettoyage commence, il ramasse les bouts de verre brisé éparpillés sur le carrelage et il enlève les restes du miroir.
     

    Voici que la porte s’ouvre, il a peur de la réaction de son père. Il va une fois de plus le frapper, puis s’excuser et pleurer.

    Sa mère va le consoler.

    Elle, elle est forte.

    Depuis sa naissance, elle le soutient, le comprend.

     

    15 ANS PLUS TÔT 

    Une petite semaine qu’il s’est évadé de sa gangue, presque sans prévenir.

    Il était l’heure de poser mes yeux pour commencer à rêver à sa venue. Il était l’heure où je me faisais déjà ma petite histoire avec mon bébé en personnage principal…

    Les premières contractions, les premières douleurs.

    J’avais tout prévu.

    Vite !... Le temps de prendre ma petite valise et de monter dans notre voiture.  Une demi-heure après, dans la salle de travail, il poussait son premier cri. J’en poussais un aussi !

     

    Tout s’était passé sans souffrance. Il était là, et quand il fut pour la première fois sur l’oreiller de ma chair, j’avais envie de hurler de bonheur. Sa vie palpitait et scintillait tout contre moi.

    J’ai posé mes caresses sur lui, je sentais pour la première fois le besoin de protéger, de préserver. Mon cœur lançait ses rayons, tissait pour lui son premier filet protecteur.

    Je me découvre forte devant ses faiblesses,  je le berce, l’esprit légèrement en alerte.

    Mais toi, toi.

    Tu souffres, refusant de comprendre, d’accepter l’inacceptable.

     

    LE PSY 

    « Alors, Quentin, comment vas-tu aujourd’hui ?

    Bien.

    Et ton traitement ?

    Bof !

    Tes études par correspondance ?

    Ça va.

    Tu veux me dire autre chose.

    Non !… »

     

    Le docteur n’insiste pas. Il connaît sa fragilité.

    Depuis quelques années, il suit son évolution. La maman est douce avec lui et lui pardonne tout. Le papa est plus compliqué dans ses attitudes, il passe par des phases de colère puis de tendresse quand il s’est rendu compte de sa violence.

    La thérapie engagée ne semble pas donner de résultats, mais il tient à poursuivre dans la voie préconisée. Il faut remettre un nouveau miroir et le déclic se fera peut-être un jour permettant une avancée dans la guérison.

     

    3 ANS PLUS TÔT 

    Notre décision est prise. Nous confions Quentin à un spécialiste qui le prend dans sa clinique.

    Tu voulais le garder près de nous, mais l’épuisement a permis à la raison de l’emporter. Nous irons le voir tous les jours, nous lui apporterons notre soutien, il sait que nous l’aimons. Tu as souvent du mal à te contenir face à ses obsessions.Tu te sens coupable chaque fois que tu portes la main sur lui, mais il te pardonne.

    Et moi aussi…

     

    Je ne t’en veux pas de tes pulsions contre lui chaque fois qu’il a ce reflexe obsessionnel. Tes réactions doivent t’être salutaires pour ne pas sombrer. Moi, je souffre en silence sans pouvoir évacuer. Alors, je bois. Tu t’en es rendu compte il n’y a pas longtemps. Tu ne m’as fait aucun reproche. Nous avons des façons très différentes de nous échapper de l’insoutenable…

     

    LA FIN DE L’OBESSION 

    Malgré la décision de ne plus se regarder dans la glace, il recommence à  avoir envie de le faire. La réaction est toujours la même, il cogne de toutes ses forces sur son reflet. Du sang gicle sur ses mains. 

    Il sait que sa mère ne peut pas venir aujourd’hui, il écrit quelques mots sur le mur puis se couche en attendant son père.

     

    Voici qu’il arrive et voit son fils prostré sur le lit. Il lit le message « JE VEUX MOURIR ». Avec détermination, il s’approche de Quentin… 

    … Quelques minutes plus tard, dans un parfait contrôle de ses actes, il nettoie soigneusement l’inscription rouge laissée à côté du miroir brisé et descend pour prévenir le directeur de l’établissement.

     

    Extrait de l’article « UN PÈRE TUE SON FILS ATTEINT D’UNE MALADIE RARE » 

    « … Dans un élan de démence, un père a tué son fils de 15 ans dans la clinique où il était soigné. L’adolescent était atteint depuis sa naissance du lymphangiome kystique, une maladie rare et douloureuse provoquant d’énormes bosses sur le visage … »

     

    LE PARLOIR 

    On me fait signe, je dois te laisser.

    Je pars le cœur lourd en quittant le parloir.

    Je pense à toi qui rejoins ta cellule.

    Je pense à nous trois.

    … Et j’ai aussi la morsure de son absence.

     

    Bernard Pichardie

    Marseille, juin 2010

    texte déposé 


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  • une chanson à la recherche d'interprètes

    LA LONGUE NUIT

    En ce jour de trop longue veille
    Je suis debout anéanti
    J’entends comme un essaim d’abeilles
    Se profiler sur ma folie

    Je ne suis pas sûr
    D’avoir bien compris
    Je sens des ratures
    Au fond de ma vie

    Les gens me regardent
    Sans faire de bruit
    Leurs flèches blafardes
    Décochent leur mépris

    J’ai comme une angoisse
    Le souffle d’un cri
    Je porte la poisse
    De mon agonie

    Je ne suis pas un assassin
    Je veux savoir où est la faille
    J’avais du sang sur les mains
    Mais la mémoire en moi défaille

    Je ne crois plus en mon étoile
    Devant le seuil de mon chagrin
    Qui étale sur moi son voile
    En me vidant de mon crachin

    Ils étaient bien là
    Sur cette chaussée
    Le regard en bas
    Sans aucune pitié

    Le temps était lourd
    En ce soir d’été
    Je devenais sourd
    Sous les coups de pieds

    Y avait cet enfant
    Démantibulé
    Et puis moi devant
    Mais j’ai oublié

    En ce jour de trop longue veille
    Je suis debout anéanti
    J’entends comme un essaim d’abeilles
    Se profiler sur ma folie

    Je ne suis pas coupable
    Mais ils veulent ma mort
    Ils sont impitoyables
    Entourés de rapports

    Je suis devant mes juges
    Exposé affaibli
    Je n’ai comme refuge
    Qu’une trop longue nuit

    Une trop longue nuit
    Une trop longue nuit
    Une trop longue nuit
    Une trop longue nuit
    Une trop longue nuit

    musique   Laurent PIGEAULT
    paroles   Bernard PICHARDIE

    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déclarée à la SACEM


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  • À l’occasion des jeux olympiques de 2008 en Chine, j’avais écrit ce texte
    ... il n'a pas été mis en musique !

    BONZES AÏE !

    Petits chinois
    Ne sont pas bonzes
    Petits chinois
    Ne sont pas bonzes
    Petits chinois
    Ne sont pas bons amis

    Avec les bonzes

    Les droits de l’homme
    Sont bafoués
    Les droits de l’homme
    Sont bafoués

    Petits chinois
    Préfèrent couler
    Petits chinois
    Préfèrent couler
    Petits chinois
    Préfèrent couler un bonze

    Au cabinet

    Les droits de l’homme
    Sont bafoués
    Les droits de l’homme
    Sont bafoués

    Quand les J.O.
    Vont commencer
    Quand les J.O.
    Vont commencer
    Tous les athlètes
    Auront le sang des bonzes

    Sur leurs baskets

    Les droits de l’homme
    Sont bafoués
    Les droits de l’homme
    Sont bafoués

    Le rire des bonzes
    Est bien trop jaune
    Le rire des bonzes
    Est bien trop jaune
    Le rire des bonzes
    Petits chinois les gomment

    Sans un regret

    Les droits de l’homme
    Sont bafoués
    Les droits de l’homme
    Sont bafoués

    Petits chinois
    Ne sont pas bonzes
    Petits chinois
    Ne sont pas bonzes
    Petits chinois
    Ne sont pas bons amis

    Avec les bonzes

    Les droits de l’homme
    Sont bafoués
    Les droits de l’homme
    Sont bafoués

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • une chanson à la recherche d'interprètes

    JE NE SUIS QUE TROIS LETTRES


    Sur les trottoirs de ma ville

    Près des affiches je me noie
    Dans la solitude l’exil

    Mais vous ne me voyez pas

     

    Sur les trottoirs mes béquilles

    Font ce qu’elles peuvent pour me porter

    Devant vous je pars en vrille

    Devant vos lois vos méfaits

     

    Sur les trottoirs de ta ville

    Toi le nanti tu te plonges

    Dans les vitrines qui scintillent

    Pendant que j’erre et me ronge

     

    Pour vous je ne suis que trois lettres

    Et quand vous serez élus

    Je serai toujours dehors toujours dehors

    Dans la tourmente et le froid de la rue

    Sur les trottoirs de Manille

    Près des affiches tu te noies

    Il y a toujours des bidonvilles

    Pour te cacher des pachas

    Sur les trottoirs de ma ville

    Vous vivez pour vos élections

    En rêvant au pouvoir facile

    En crachant sur nos cartons

     

    Sur les trottoirs de Belleville

    Des morts vivants vous font signe

    Mains tendues avec nos sébiles

    Mais vous nous trouvez indignes

     

    Pour vous je ne suis que trois lettres

    Et quand vous serez élus

    Vous verrez toujours mon corps dormir dehors

    Dans la rafale d’une vie sans issue

     

    Pour vous je ne suis que trois lettres

    Et quand vous serez élus

    Je serai toujours dehors toujours dehors

    Dans la tourmente et le froid de la rue


    Pour vous je ne suis que trois lettres

    Et quand vous serez élus

    Vous verrez toujours mon corps dormir dehors

    Dans la rafale d’une vie sans issue

    musique   Jean-Luc PEUCAT alias Julian RENAN
    paroles   Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déclarée à la SACEM


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  • un texte à la recherche d'une musique

    DITES-MOI


    Dites-moi si les fleurs existent

    Pour tous les terroristes

    Quand les boutons se réveillent

    Pour la saison des abeilles
     

    Dites-moi

    Dites-moi
     

    Dites-moi comment ça va

    Comment ça se passe là-bas
     

    Je n’ sais plus si c’est un rêve

    Encombrés de lueurs brèves

    Ces armes qui se répondent

    Éclaboussant notre monde
     

    Dites-moi

    Dites-moi
     

    Dites-moi comment ça va

    Comment ça se passe là-bas

    C’est pas toujours sur game boy

    Ces jeux un peu trop destroy

    Dans le boucan des sirènes

    La mort les larmes obscènes
     

    Dites-moi

    Dites-moi
     

    Dites-moi comment ça va

    Comment ça se passe là-bas
     

    Dites-moi si les fleurs existent

    Pour tous les terroristes

    Quand les boutons se réveillent

    Pour la saison des abeilles
     

    Dites-moi si les fleurs existent

    Pour tous les terroristes

    Quand les boutons se réveillent

    Pour la saison des abeilles…

    Pour la saison des abeilles


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • LE CRI DE LA HONTE

    Noir c’est noir
    Il n’y a plus d’espoir
    Georges Aber

    Un cri déchira la nuit.
    Léna se réveilla en sueur. La peur fusait dans son ventre en mille petites étincelles de rage et de dégoût. La respiration haletante, elle essaya de se redresser sur son lit mais les forces lui manquèrent. Elle se crispa sous la douleur persistante et essaya en vain d’attraper le verre d’eau posé sur la table de nuit. Lentement, elle essaya de prendre sa respiration. Impossible de faire le vide en elle. Elle pensait à sa petite gazelle, sa jolie sauvageonne laissée en pâture aux sorciers.
    Le mal s’élançait en elle comme un troupeau de zèbres. Elle entendait le galop se répandre dans sa tête et des larmes de détresse s’échappaient de l’ombre habitant ses yeux. Elles descendaient le long de son visage ovale et se mêlaient à sa transpiration aigre.
    D’abord, essayer de faire le vide dans son cerveau. Impossible ! … Elle avait la douleur tenace d’une tigresse traquée. Physiquement, elle se sentait terriblement affaiblie mais une grande violence se développait au plus profond de ses fibres. Une haine viscérale emplissait son décor intérieur d’une lave incandescente.
    Après bien des efforts, Léna réussit à saisir le verre et but lentement l’eau tiède. Le liquide lui procura pendant quelques instants une sensation de répit dans la souffrance mais son cauchemar revint à la surface au rythme d’un tam-tam ensorcelant ; des coups sourds martelaient ses tempes et des masques grimaçants tournaient autour d’elle dans une ronde infernale.
    La drogue faisait déjà effet. Elle était repartie dans l’enfer peuplé des démons et des gourous qui ne la quittaient plus depuis la naissance de sa poupée d’ébène, son croissant de lune, sa beauté féline pour qui elle pleurait tant. Pour qui elle aurait laissé briser son âme. Elle retrouvait en cauchemar son pays d’origine.

    * * * * * * *

    Sans repos, dans la savane, la femme au corps battu et rampant subit la loi et la foi de son maître et guerrier qui se lève, le bas-ventre repu après l’amour. Il se pavane à côté de son troupeau, les tambours s’ébattent sous le soleil de plomb et les danses syncopées se déchaînent. Et voici que pendant ces instants de liesses, pour perpétuer la tradition, il laisse sa fillette seule avec les anciennes. La petite, frôlant la mort, un bout de bois entre les dents, laisse échapper un long sanglot de son pauvre corps mutilé. Les sévices infâmes sont accomplis. Les lèvres cousues, elle n’a pas la force de chasser les mouches bleues qui s’agglutinent autour de ses blessures et du sang qui a coulé sur la terre desséchée. La fièvre s’empare d’elle tandis qu’un cri déchirant lacère le soir se couchant sur le tempo des percutions.

    * * * * * * *

    Elle sentit tout à coup une présence dans la chambre. Émergeant de son sommeil comateux, elle mit quelques minutes avant de pouvoir ouvrir les yeux. Il était assis à côté d’elle, lui tenait la main en lui souriant. Léna eut un geste pour s’éloigner de lui mais il la retint en serrant plus fort. Résignée, elle le laissa faire. Elle connaissait sa violence, elle ne pouvait pas lutter.
    « Où est-elle ?
    À l’hôpital.
    Pourquoi ?
    Des complications... Une infection. Ne t’inquiète pas, tout va bien.
    Je veux la voir.
    Ce n’est pas possible pour l’instant, les visites sont interdites. Elle est très bien soignée, le docteur est gentil.
    Qui l’a emmenée à l’hôpital ?
    Des voisins.
    Alors, ils savent.
    Oui… La police est venue tout à l’heure.
    Chez nous.
    Oui, chez nous. Ils ont demandé après toi. Ils veulent t’interroger le plus vite possible. Je leur ai dit que tu revenais demain.
    Je leur dirais la vérité.
    Méfie-toi, il pourrait y avoir des représailles de la part de la famille.
    Mais, c’est la vie de ma fille qui est en jeu.
    Non, pas de ta fille mais de notre fille !… Ne l’oublie pas, une bonne fois pour toute… »

                                                       * * * * * * *

    Léna resta prostrée jusqu’à la fin de la journée. La chair de son ventre, son petit bout de femme était entre des mains étrangères et devait souffrir mille martyrs. Elle se sentait complètement impuissante, elle savait que le lendemain serait encore une journée d’horreur prolongeant son long supplice. Le supplice provoqué par ceux de sa race qui ne savent pas vivre en personnes civilisées loin de leurs cases d’origine.
    Elle avait bien essayé de lutter contre la décision brutale et ignoble de perpétrer cette tradition indigne, inhumaine. Elle haïssait cette terre qui l’avait portée au début de son enfance, cette terre qui s’accrochait en elle depuis sa transhumance et restait au creux de sa vie pour faire germer contre sa volonté des actes d’une froide cruauté. Maintenant, il lui restait à affronter la justice française.
    Il lui fallait reprendre des forces pour affronter cette justice qu’elle comprenait, cette justice qui allait lui faire mal mais pour le bien des suivants. Pour le bien de tous ceux qui viendront après elle. Elle ne se sentait pas fautive, elle était la victime de la barbarie de ses frères de peau…
    Pour sa fille elle allait se sacrifier.

                                                        * * * * * * *

    Le tribunal la condamna.
    Les femmes ont bien souvent tort.
    Surtout les noires.


    Bernard Pichardie
    Marseille, février 2002
    nouvelle de mon recueil « Nouvelles FraÎches »

     


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  • une chanson à la recherche d’interprètes

    LE CRI QUE JE PORTE

    Le cri que je porte
    N’a pas de frontière

    Loin de notre porte
    Se trouve l’enfer
    La tuerie s’exporte
    Sous d’autres bannières

    Le cri que je porte
    N’a pas de frontière

    Mais je vous vois sur votre chaise
    L’esprit ailleurs le coeur trop froid
    Et je vous sens bien à votre aise
    L’indifférence est votre choix

    Dans une odeur forte
    Le sang se libère
    Craché par l’aorte
    D’une prisonnière

    La mafia colporte
    La grande misère
    Celle qui rapporte
    Des tas d’ billets verts

    Le cri que je porte
    N’a pas de frontière

    Tout près d’une escorte
    Les poings de cerbères
    S’agitent et s’emportent
    Au diable vauvert

    Un enfant supporte
    Sous un réverbère
    Les yeux d’une morte
    Au creux de l’hiver

    Le cri que je porte
    N’a pas de frontière

    Des noirs qu’on transporte
    Au fond d’un charter
    Comme des cloportes
    Vers leurs cimetières

    Ces hommes qu’on déporte
    Sont pourtant nos frères
    Je crie je m’emporte
    Je ne sais me taire

    Mais je vous vois sur votre chaise
    L’esprit ailleurs le coeur trop froid
    Et je vous sens bien mal à l’aise
    L’indifférence est votre loi

    Le cri que je porte
    N’a pas de frontière

    Loin de notre porte
    Se trouve l’enfer
    La tuerie s’exporte
    Sous d’autres bannières

    Le cri que je porte
    N’a pas de frontière

    Mais je vous vois quitter vos chaises
    L’esprit ailleurs le coeur trop froid
    Et je vous sens bien mal à l’aise
    L’indifférence est hors-la-loi

    musique Éric MIROCHE
    paroles Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déclarée à la SACEM


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  • un texte à la recherche d'une musique

    CLIMAT SOCIAL

    Le climat social
    Provoque un effet de serre

    Serre-moi la main

    Y a des patrons
    Qui jouent les bons
    Mais par derrière
    Mais dans le dos
    Ils nous enserrent
    Entre leurs crocs

    Le climat social
    Provoque un effet de serre

    Serre-moi la main

    Y a des patrons
    Qui sont marrons
    Et qui nous prennent
    Pour de gros glands
    Qui nous enchaînent
    Entre leurs gants

    Le climat social
    Provoque un effet de serre

    Serre-moi la main
    Y a des patrons
    Qui sont poltrons
    Ils ont très peur
    Qu’on les assiège
    Ont des douleurs
    Sur bain de siège

    Mais grâce à la potion
    Du derrière H
    Ils tirent sans sommation
    Comme des lâches

    Le climat social
    Provoque un effet de serre

    Serre-moi la main

    Y a des patrons
    Qui font les cons
    Sur leur échelle
    Dans leur frigo…

    On se fait la belle
    Loin de leurs bureaux

    Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    texte déposé


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  • une chanson à la recherche d'interprètes

    J’AI PAS COMPRIS

    J’ai pas compris
    Tes mains sur moi
    J’ai pas compris

    Au creux des draps
    C’était ma vie
    Entre tes doigts

    Tu as posé
    Tes crocs sur moi
    Tu as posé

    Maintenant j’ai froid
    J’ veux oublier
    Les traces de toi

    J’ai pas voulu 
    J’ai supplié 
    J’ai pas voulu 

    Tu es passé
    Sur mon corps nu
    Que tu voulais

    J’ai pas compris
    Tes mains sur moi
    J’ai pas compris

    Au creux des draps
    C’était ma vie
    Entre tes doigts

    J’ai pas fini 
    De voir la mort 
    J’ai pas fini 

    Je suis encore 
    Bien trop salie
    De tes efforts

    J’ai vraiment peur 
    Quand vient le soir
    J’ai vraiment peur

    J’ai le cafard
    Je lâche mes pleurs
    Dans mon placard

    J’ai pas compris
    Tes mains sur moi
    J’ai pas compris

    Au creux des draps
    C’était ma vie
    Entre tes doigts

    musique Michèle GARANCE
    paroles Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déclarée à la SACEM


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  • Un texte à la recherche d’une musique
     

    L’ODEUR DE L’ARGENT

    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts

    Banquier véreux
    Argent trop sale
    Voyou crasseux
    Dans un canal

    Tout contre un mur
    D’une prison
    Sur les dessous
    Des grands partis
    Dans les égouts
    De l’amnistie
    Un vide-ordures
    Et des frissons

    Aux U.S.A. 
    Argent détresse
    Vers la mafia 
    Pour une messe

    Odeur de fric 
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts

    Robots manchots
    Argent liquide
    Coulant à flots
    Couleur livide

    Dans la marée 
    Au Vatican
    Machination
    Machines à sous
    Sous le croupion
    D’oncle Picsou
    Billet froissé
    Cri d’une enfant

    Le superflu
    Argent factice
    La plus-value
    De tous les vices

    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts 

    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts

    Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    texte déposé


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  • une chanson à la recherche d’interprètes

    SUPPLIQUE POUR SAUVER LA TERRE

    Nous voici devant vous
    Messieurs les dirigeants de notre monde
    Pour vous demander
    De nous offrir la paix
    Accordez-nous quelques secondes

    Messieurs les politiques
    Messieurs les religieux
    Écoutez la supplique
    Des enfants de la terre

    Messieurs les tout-puissants
    On vous fait cet aveu
    En un cri déchirant
    Il faut sauver la terre

    Car dans quelques années
    S’il reste encore un peu de notre monde
    Tous les enfants
    Cracheront sur vos tombes
    Vous qui ne pensez que par intérêt

    Redonnez-nous l’amour
    Si vous voulez croire en notre avenir
    Nous les enfants
    Nous sommes venus vous dire
    Arrêtez le compte à rebours

    Messieurs les fanatiques
    Ce chant qui monte au ciel
    Est une vrai supplique
    Nous ne pouvons nous taire
    Messieurs les commandants
    Et les industriels
    Nous sommes suppliants
    Il faut sauver la terre

    Nous ne voulons pas être
    Les survivants d’un monde qui se meurt
    Nous les enfants
    De notre belle planète
    Nous vous lançons un message d’espoir

    Le bonheur doit renaître
    Laissez-le s’échapper de votre cœur
    Nous les enfants
    Nous voulons faire la fête
    Donner des couleurs à l’Histoire

    Pollution Génocide
    Pollution Génocide
    Pollution Génocide
    Pollution Génocide

    Nous voici devant vous
    Messieurs les dirigeants de notre monde
    Pour vous demander
    De soigner nos blessures
    Accordez-nous un vrai futur

    musique Éric ATON (qui a fait chanter des élèves de sa classe pour cette chanson)
    paroles Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déclarée à la SACEM


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  • un texte (écrit il y a une vingtaine d'années) à la recherche d’une musique 
    si un compositeur ou une compositrice est intéressé(e)
    pour poser ses notes sur mes mots 
    il ou elle peut me contacter 

    IL VENDAIT DES TAPIS

    Il venait du Mali
    C’était un gagne-petit
    Il vendait des tapis
    Des poissons du nougat
    Des vêtements à faire fuir
    En faux similicuir
    Des stylos du chocolat
    Des bobines de fil indienne
    Du Viagra de contrebande
    Des statues égyptiennes
    De tout à la commande
    Des lunettes des citrons
    Et aussi des crayons
    Bof

    Il ne payait pas de mine

    Se déplaçait à pieds
    À l’heure du premier bus
    Il ne pouvait même pas
    Se payer un ticket

    Il arrivait en nage
    Pour étendre ses puces
    Comme unique bagage
    Pas loin de détritus

    Ses yeux étaient perçants
    Ses tapis ne l’étaient pas
    Les passants étaient pressés
    Ses citrons ne l’étaient pas
    Et voilà

    Il s’est cassé les dents
    À manger le nougat
    Qu’il ne vendait pas
    Maintenant il est sur les dents
    Et voilà

    Il venait du Mali
    C’était un gagne-petit
    Il vendait des tapis
    Des poissons du nougat
    Des vêtements à faire fuir
    En faux similicuir
    Des stylos du chocolat
    Des bobines de fil indienne
    Du Viagra de contrebande
    Des statues égyptiennes
    De tout à la commande
    Des lunettes des citrons
    Et aussi des crayons
    Bof

    Il ne payait pas de mine

    Broyait plutôt du noir
    Son étal sur le trottoir
    Etait une anomalie
    Pour les gens du quartier

    Complètement épuisé
    Il a tout épuisé
    Les réserves du squat
    Où étaient ses pénates

    Quand le gagne-petit
    Repartit pour son pays
    Seul le trottoir eut du mal
    À s’en remettre
    Eh oui

    Quelques larmes d’amertume
    S’échappaient du bitume
    Et voilà

    Et là-bas tout là-bas
    Il fait l’âne au Mali
    Et voilà

    Et voilà

    Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    texte déposé


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  • la maquette d’une chanson à la recherche d’interprètes

    LE BRUIT DES BOTTES

    Le bruit des bottes
    Le cri des hommes
    Ceux qui ligotent
    Ceux qui les gomment 
    Ceux qui les cognent
    Derrière une porte 

    Et l’odeur morte 
    De la charogne

    Le bruit des bottes
    Le cri des bonnes
    Que l’on tripote 
    Qu’on emprisonne
    Au son de l’orgue
    Puis dans l’alcool 

    Et la vérole 
    Dans une morgue

    Un pour tous 
    Tous pourris
    Dans les taudis
    Dans les faubourgs 
    Du Chili
    À Delhi
    Un pour tous 
    Tous pourris
    Dans les taudis
    Dans les faubourgs
    De Hambourg 
    À Singapour 
    Un pour tous 
    Tous pourris
    Dans les taudis
    Dans les faubourgs
    De Paris
    À Cherbourg 
    Un pour tous 
    Tous pourris

    Le bruit des bottes
    Le cri des fauves
    Serrant les glottes
    Dans une alcôve 
    Ceux qui besognent 
    Puis qui déportent 

    Et l’odeur forte
    De ces ivrognes

    Le bruit des bottes
    Le cri des gosses 
    Qu’on escamote 
    Dans les basses fosses
    Ceux qui les lorgnent
    Qui les contrôlent 

    Et la vérole 
    De quelques borgnes

    Un pour tous 
    Tous pourris
    Dans les taudis
    Dans les faubourgs 
    Du Chili
    À Delhi
    Un pour tous 
    Tous pourris
    Dans les taudis
    Dans les faubourgs
    De Hambourg 
    À Singapour 
    Un pour tous 
    Tous pourris
    Dans les taudis
    Dans les faubourgs 
    De Paris
    À Cherbourg 
    Un pour tous 
    Tous pourris

    musique Olivier DENANS
    paroles Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite

    chanson déclarée à la SACEM


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  • un texte à la recherche d’une musique 
    si un compositeur ou une compositrice est intéressé(e)
    pour poser ses notes sur mes mots 
    il ou elle peut me contacter 


    ELLE EST PASSÉE À CÔTÉ


    Il ne savait pas aimer
    Sans aucun frisson
    Il avait quelques monnaies
    Et des bonbons

    Elle avait des petits seins
    Sous son chemisier
    Elle allait pour quelques pains
    Se sacrifier

    Il est passé à côté
    Avec cette enfant
    Elle est passée à côté
    De ses dix ans

    Il était tout en sueur
    Le regard mauvais
    Il devinait que la peur
    Se répandait

    Elle n’était pas protégée
    Sur le matelas
    Elle avait les yeux fermés
    Sur l’au-delà

    Il respirait bien trop fort
    Sur son corps d’enfant
    Elle pleurait de ses efforts
    De ses dix ans

    Elle était tout en frayeur
    Toute chiffonnée
    Elle connaissait par cœur
    Sa destinée

    Ses parents avaient trop faim
    Et le p’tit dernier
    Était mort dans le matin
    Sur le pavé

    Il est passé à côté
    Avec cette enfant
    Elle est passée à côté
    De ses dix ans

    Quand il s’est reboutonné
    Tout près de son lit
    Elle s’est recroquevillée
    Dans un long cri

    Elle était comme une bête
    Pour vider son corps
    Hurlant dans la tempête
    Devant la mort

    Il ne savait pas aimer
    Sans aucun frisson
    Il avait quelques monnaies
    Et des bonbons

    Elle avait des petits seins
    Sous son chemisier
    Elle allait pour quelques pains
    Se sacrifier

    Il est passé à côté
    Avec cette enfant
    Elle est passée à côté
    De ses dix ans

    Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
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  •                                                  LA DERNIÈRE TÂCHE
     
    L'essaim se gonfle et s'abandonne
    À la caresse du printemps
    Et, dans la ruche, tourbillonnent,
    Prêtes à prendre leur élan,
    Bzz, bzz, bzz,
    Bzz, bzz, bzz... les abeilles !
    André Robert Raimbourg (Bourvil)

    Le besogneux
     
              Il sait qu’il va bientôt accomplir sa dernière tâche. Il a peu de temps pour se préparer, juste quelques instants pendant lesquels il va puiser dans les réserves ses forces ultimes. Il veut donner le maximum. Parmi les élus, une dizaine de vainqueurs mais qui perdront la vie. Il le sait, il l’accepte sans révolte. Depuis les premiers jours, depuis les premières lueurs, le rite est identique. Alors, il se tient prêt.
    Il pense à elle sans cesse en s’étourdissant de travail. Il ne pense à rien d’autre. Elle est sa seule raison de vivre, son seul but. Mais, il y a un « Mais »… Son avenir à elle se fera sans lui. Terrible constat… Mais pas de parade possible, pas de dérobade ni de fuite. Aucun refuge pour éviter la mission. Il n’a d’ailleurs pas l’intention de reculer devant l’épreuve finale.
     
    Le désespéré
     
              Il avance de son pas lent le long du sentier. Il piétine sur les feuilles jaunies en pleurant ses derniers désespoirs. Les giboulées d’un printemps tardif ont fait place à la canicule. Il se sent à l’abandon, ballotté par les rafales d’un vent qui s’engouffre dans ses pensées. Les doigts de sa main droite s’agrippent à cette lettre déposée au fond de sa poche.
    Les analyses confirment la sentence. Il a tout perdu, ses éclats de rêves se sont effilochés. Il n’a plus qu’une idée en tête, partir. Partir pour se terrer loin de sa terre, loin de son terroir, de son territoire réduit en lambeaux.
    Ses racines ne coulent plus dans ses veines, elles ne sont plus que des miettes dérisoires. Il crache des frissons face au souffle torride qui lui lacère la peau de ses colères.
     
    La mission-suicide
     
              Le voici fin prêt…
    Conditionné depuis sa naissance à la finalité de son parcours terrestre, il n’a qu’une envie, la posséder. Elle, elle est seule face à de trop nombreux prétendants. Elle est légère, accueillante, disposée à se laisser séduire. Par lesquels ?
    Tout à coup, une nouvelle attaque, insidieuse, inexorable… La mort est de plus en plus présente aux alentours. Des signaux envoyés ont été confirmés par les nombreuses disparitions inexpliquées. Malgré cela, rien ne vient perturber le travail du groupe. S’il faut disparaître, ce sera dans l’unité.
    Il a conscience que le départ est proche, la force est en lui. Le soleil a posé ses mille rayons sur la campagne environnante. La vitesse de réaction pour rejoindre celle qui a été choisie sera déterminante. Il voit bien, il sait bien qu’il n’est pas le seul en lice. Ses coéquipiers sont également sur le qui-vive.
    Un léger tremblement suivi d’une envolée. La mission débute dans la frénésie.
     
    Échec et mat
     
              En quelques jours, il a perdu les fruits de sa passion. Il ne reste rien de ses heures de préparation, de ses heures de soin intensif. Sa main tremble en déchirant le rapport des analyses reçu ce matin. L’ennemi a laissé le mal se propager. Ses possessions ont été possédées. La mort s’est engouffrée dans la grande majorité de ses colonies. Il se doute que les demandes d’indemnisation sont les étapes d’un parcours semé d’embûches, de mesquineries. Les assureurs ne sont pas rassurants.
    Le « Gaucho », dont les quantités répandues sur le maïs ont été triplées par erreur, a fait de nouvelles victimes…
    Il n’a pas envie de lutter.
    Face au soleil de plomb, il approche le revolver de sa tempe…
    Le corps d’un faux-bourdon au bas-ventre déchiqueté vient s’écraser à côté du trou laissé par la balle.
     
    Final dans la joie et l’allégresse
     
              Pas loin de là, dans un rucher non contaminé, la reine commence la ponte avec frénésie. Autour d’elle, les abeilles frétillent, s’agitent sans relâche.
    La vie est belle !…

    Bernard Pichardie
    Marseille, avril/juillet 2005
    texte déposé 
    et pour en savoir plus
    CAUSES ET CONSÉQUENCES DE LA DISPARITION DES ABEILLES 


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  • la maquette d'une chanson à la recherche d’interprètes

    LES FOSSOYEURS

    Ils ont pour unique drapeau
    Le cri de ces derniers bourreaux
    Qui persécutent violent et tranchent
    Ceux qui n'ont pas la couleur blanche

    Ils sont trop sombres
    Ce sont des ombres
    Des vidangeurs 
    Des fossoyeurs 
    Vendant du naufrage
    Marchands de carnage
    À tous les vents 

    Brandissant le poing comme personne
    En eux c'est le glas qui résonne
    Ils ont pour unique décor
    Le goût infecté de la mort

    Ils sont trop sombres
    Ce sont des ombres
    Des vidangeurs 
    Des fossoyeurs
    Vendant du malheur
    Marchant sur la peur
    Des innocents

    Mais arrivera t-il ce jour
    Où le vainqueur sera l'amour
    Un amour pour tous les vivants

    Ils sont trop sombres
    Ce sont des ombres
    Des vidangeurs 
    Des fossoyeurs 
    Vendant du naufrage
    Marchands de carnage
    À tous les vents

    Il faudra bien
    Il faudra bien
    Changer la face de l’immonde
    Rêver enfin d'un autre monde
    Rayer de tous nos projecteurs
    Ces bourreaux crachant la terreur

    Ils sont trop sombres
    Ce sont des ombres
    Des vidangeurs 
    Des fossoyeurs
    Vendant du malheur
    Marchant sur la peur
    Des innocents

    Ils ont pour unique drapeau
    Le cri de ces derniers bourreaux
    Qui persécutent violent et tranchent
    Ceux qui n'ont pas la couleur blanche

    Brandissant le poing comme personne
    En eux c'est le glas qui résonne
    Ils ont pour unique décor
    Le goût infecté de la mort

    Ils sont trop sombres
    Ce sont des ombres
    Des vidangeurs 
    Des fossoyeurs
    Nés des abattoirs 
    D’un parti sans gloire
    Et sans mémoire 

    Ils sont trop sombres
    Ce sont des ombres
    Des vidangeurs 
    Des fossoyeurs
    Déchets du genre humain
    Aboyant leur purin 
    Comme des chiens

    musique   Anthony ALEKSANDEUR
    paroles   Bernard PICHARDIE
    interprétation de Marie-Anne PASCUAL et Anthony
    enregistrement public il y a une vingtaine d'années
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déclarée à la SACEM
     


    5 commentaires
  • ras le bol des politiques !
    un texte à la recherche d’une musique 
    si un compositeur ou une compositrice est intéressé(e)
    pour poser ses notes sur mes mots 
    il ou elle peut me contacter 

    LE PARTI DES P.Q.ISTES


    Après les élections
    Nous sommes les perdants
    Quel que soit le parti
    Quelles que soient les idées

    Après les déceptions
    Voici venir le temps
    De déposer nos cris
    Face à tous leurs méfaits

    Pour le prochain scrutin
    La feuille de P.Q.
    Comme avertissement
    Serait la bienvenue

    Pour le deuxième tour
    La feuille de P.Q.
    Comme appréciation
    Vaudrait un pied au cul

    (pont musical)

    Devant les répressions
    Je ne crois plus en ceux
    Qui imposent des lois
    Qu’ils ne respectent pas

    Devant les exactions 
    De ces calamiteux
    Régnant sur le pays
    Je me sens bien trahi 

    Pour le prochain scrutin
    La feuille de P.Q.
    Comme avertissement
    Serait la bienvenue

    Pour le deuxième tour
    La feuille de P.Q.
    Comme appréciation
    Vaudrait un pied au cul 

    Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    texte déposé


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  • la maquette d'une chanson à la recherche d'interprètes


    LES MORBACKS DES AMERLOCKS

    Les morbacks
    Des amerlocks
    Sont en toc
    Tout en vrac

    Caca
    cola
    Et mac
    Cradoc
    Ce n’est pas bon
    Pour l’estomac

    Quelques beignets
    Bien trop sucrés
    En carton pâte
    Prédigérés

    Dégoulinant
    Dans le factice
    Pour les enfants
    C’est un délice

    Oui mais voilà
    Ils ne voient pas
    Qu’on les appâte
    Qu’on les foudroie

    Il se prépare
    Un bel ulcère
    Sans crier gare
    Pour le dessert

    Les morbacks
    Des amerlocks
    Sont en toc
    Tout en vrac

    Caca
    cola
    Et mac
    Cradoc
    Ce n’est pas bon
    Pour l’estomac

    Y a le maïs
    Qu’est transgénique
    Oui quand tu pisses
    T’attrapes des tics

    Côté bidoche
    C’est ça qui cloche
    C’est bien navrant
    C’est super moche

    De la bouffe glauque
    Sans intérêt
    Moi ça me choque
    Ça m’ fait gerber

    Et la boisson
    Couleur goudron
    C’est dégoûtant
    Pour les gloutons

    Les morbacks
    Des amerlocks
    Sont en toc
    Tout en vrac

    Caca
    cola
    Et mac
    Cradoc
    Ce n’est pas bon
    Pour l’estomac

    Y a eu des guerres
    Dans l’univers
    Dans tous les coins
    Sur notre terre

    Y a eu des morts
    Et des charniers
    Pour des trésors
    Pour des idées

    Oui mais voilà
    On ne voit pas
    Qu’ils ont besoin
    De leurs corps gras

    Pour essayer
    D’éliminer
    Le monde entier
    Sans se faire chier

    paroles Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    musique Jérôme HEMMER
    chanson déclarée à la SACEM


    10 commentaires
  • un texte à la recherche d’une musique 
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    FABIEN

    ( parlé ) Bonjour Fabien
    Je serai prêt dans dix minutes
    Je lis le programme du jour

    Une maison de retraite
    Un petit coin de banlieue
    Un lieu pour les sans-logis
    Et un marché au milieu

    Repas dans la salle des fêtes
    Entourés d’élus locaux
    Et enfin l’après-midi
    Interview pour les infos

    ( parlé ) Allez Fabien
    Il faudra serrer quelques mains
    N’oublie pas le désinfectant

    Des souhaits et de l’espoir
    Sous la bannièr’ du parti
    La ferveur de mon discours
    Applaudissements fournies

    Devant cette jolie noire
    Petits propos enflammés
    Du travail pour tous un jour
    Le vote pour les emmigrés

    ( parlé ) Mon bain Fabien
    Avant de relire mes feuillets
    Je sens encor l’odeur des vieux

    Des dossiers remplis de notes
    Un whisky et deux glaçons
    L’émission à la télé
    Un appétit de glouton

    Correction de quelques fautes
    Après le poulet rougail
    Le cigar’ la volupté
    Un dernier petit détail

    ( parlé ) Super Fabien
    Cette noire est bien sur la liste
    Pour préparer les expulsions

    La la la la la la la
    Finie la journée la la
    La la la la la la la
    Un repos bien mérité la la
    … … …

    ( parlé ) Non non Fabien
    Pas ce soir j’ai mal à la tête
    Demain le lever à six heures

    Bernard Pichardie
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    texte déposé


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  • la maquette d’une chanson à la recherche d’interprètes 


    VOUS

    Vous 
    Les chasseurs carnassiers
    Vous
    Les bouchers de l’horreur
    Vous 
    Les banquiers blanchisseurs
    Vous
    Les tueurs amnistiés
    Vous 
    La légion étrangère
    Vous
    Les pervers par passion
    Vous 
    Les odieux névrotiques
    Vous 
    Fanatiques religieux 

    Vous êtes sous les feux
    De tous ces projecteurs
    Exposant sous nos yeux
    Les crachats de vos cœurs

    Vous 
    Les faiseurs de ghettos
    Vous
    Les salauds en führer 
    Vous 
    Les pouvoirs intégristes
    Vous
    Les fascistes aux perchoirs
    Vous 
    Les héros au cœur dur
    Vous
    Les impurs les bourreaux
    Vous 
    Les sorciers de tout bord
    Vous
    Croque-morts vénérés

    Vous êtes dans le froid
    La nuit et le brouillard
    Vomissant vos appâts 
    Sur la joie et l’espoir

    Vous 
    Les gourous et vos sectes
    Vous
    Les infects les rois fous
    Vous 
    Les dealers et vos cames
    Vous
    Les infâmes les violeurs
    Vous 
    Les racistes les sans loi
    Vous
    La Mafia et vos kystes
    Vous 
    Les vendeurs d’armement
    Vous
    Charlatans pollueurs

    Vous plantez tout là-haut 
    L’envers de vos décors 
    Posant sur nos radeaux
    Votre amour de la mort

    Vous êtes tout-puissants 
    Mais moi je vous accuse 
    Je vous accuse…
    Je vous accuse
    Tout simplement

    musique  Éric MIROCHE
    paroles   Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    chanson déposée à la SACEM

     


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    CARCASSE ROUILLÉE

    Carcasse rouillée
    Grille fermée
    Près de l'usine

    Regard cloué
    Peau délavée
    Sur grise mine

    Cité vieillie 
    Herbe jaunie
    Près des poubelles

    Maisons sans vie
    Visages aigris
    Dans les ruelles

    Quelques éclats
    Le long des bras
    Putain d’ seringue

    Moral en bas
    Tout en fracas
    Avec un flingue

    Carcasse rouillée
    Grille fermée
    Regard cloué
    Peau délavée

    Carcasse rouillée
    Grille fermée 
    Sur la douleur

    Regard cloué
    Peau délavée
    Par trop de pleurs 

    Plus de bateau
    Au fil de l’eau
    Peur en cascades

    Un vieux bistrot 
    Comme seul radeau 
    Futur en rade

    Misère à nu
    Ados perdus
    En vague à l’âme

    Pas de salut
    Vie sur le cul
    Pour de la came

    Carcasse rouillée
    Grille fermée
    Regard cloué
    Peau délavée

    Carcasse rouillée
    Grille fermée 
    Sur les murmures 
    D’un terrain vague

    Regard cloué
    Peau délavée
    Près d’un grand mur
    Couvert de tags

    (pont musical)

    parlé : … Et sur ces tags, 
    un bout de soleil aux mille couleurs 
    pour des enfants qui veulent vivre 
    le vrai bonheur …

    (suite du pont musical)

    Carcasse rouillée
    Grille fermée
    Près de l'usine

    Regard cloué
    Peau délavée
    Sur grise mine

    Carcasse rouillée
    Grille fermée
    Près de l'usine

    Regard cloué
    Peau délavée
    Sur grise mine ... 

    Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite
    texte déposé


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  • la maquette d’une chanson à la recherche d’interprètes


    À CÔTÉ DE TOI


    Tu ne regardes pas

    À côté de toi

    Tu n’entends rien du tout

    Car toi tu t’en fous

     

    Y a des histoires de gosses

    Qui se déshabillent

    Et puis que l’on écosse

    Pour de jolies billes

     

    Y a des histoires féroces

    Près de tes oreilles

    Des faits divers atroces

    Pour un peu d’oseille

     

    Tu ne regardes pas

    À côté de toi

    Tu n’entends rien du tout

    Car toi tu t’en fous

     

    Y a des histoires de passes

    Dans quelque ruelle

    Tout au fond d’une impasse

    Privée de sommeil

     

    Y a des histoires salaces

    Pas loin de l’école

    Mais cela te dépasse

    Tu fais le mariole

     

    Tu ne regardes pas

    À côté de toi

    Tu n’entends rien du tout

    Car toi tu t’en fous 




    Tu ne regardes pas

    À côté de toi

    Tu n’entends rien du tout

    Car toi tu t’en fous


    Y a des histoires de fesses

    À l’odeur trop sale

    Qu’on lit pas dans la presse

    Les feuilles à scandale

     

    Y a des histoires de messe

    D’enfants qui se taillent

    Pour éviter la laisse

    D’un épouvantail

     

    Tu ne regardes pas

    À côté de toi

    Tu n’entends rien du tout

    Car toi tu t’en fous



    musique   Didier DUVAL alias MRAYDI
    paroles   Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite

    chanson déclarée à la SACEM
       


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    COULEUR ET COLÈRE

    Une terre aride
    En pleine torpeur
    Conquérants avides
    Semant la terreur

    Couleur et colère
    L’argile et le sable
    Chaleur et poussière
    Destins misérables

    Pendant ce temps-là
    Je sors à onze heures
    Une paella
    Du congélateur

    Une odeur fétide
    D’urine et sueur
    Policiers placides
    Planant sur la peur

    Couleur et colère
    Des chiens et matraques
    Chaleur et poussière
    Des hommes que l’on traque

    Pendant ce temps-là
    C’est maintenant l’heure
    Je prends mon repas
    Dans la bonne humeur

    ( pont musical )

    Une peau livide
    Sous les projecteurs
    Village torride
    Crachant ses clameurs

    Couleur et colère
    La mort et la rage
    Chaleur et poussière
    Des vies en otage

    Pendant ce temps-là
    Je sens des douleurs
    Je ne digère pas
    J’ai quelques aigreurs

    Couleur et colère
    Chaleur et poussière
    Couleur et colère
    Chaleur et poussière

    Bernard PICHARDIE
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite

    texte déposé


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